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J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer (Tarek)

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12/12/2017
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Elliott Alvarez
it's just another day
Ven 29 Déc - 15:40

   Tarek & Elliott

   J'embrasse mon rival mais c'est pour l'étouffer.

   

   En cette veille de Noël, le ranch ne désemplit pas. Toute la journée, les curieux et les habitués se sont pressés autour des écuries tandis que les employés se sont affairés à préparer les chevaux. Elliott est soulagée de voir la nuit tomber : enfin elle va pouvoir aller s’affaler dans le canapé pour reposer son corps endolori par tous ses efforts. Ce soir, le portail ferme un peu plus tôt pour permettre à tout le monde de passer le réveillon en famille. Il est donc un peu moins de dix-huit heures quand la jeune femme ferme le dernier box, salue le personnel reconnaissant des étrennes qu’elle leur a offertes pour l’occasion. L’héritière Alvarez a beau inspirer la crainte et le respect à la plupart de ceux qui travaillent pour elle, ça ne l’empêche pas de se montrer humaine, juste et généreuse quand ses finances le lui permettent. Cette année, les bénéfices du ranch ont été à la hauteur de ses attentes, ce pourquoi elle n’a pas hésité à récompenser grassement tous ceux qui y ont contribué.

Lorsqu’elle passe la porte du salon, décoré pour les fêtes avec un petit sapin orné de quelques guirlandes, elle est frappée par le silence qui s’est installé dans la propriété. Cette année, pour la première fois depuis bien longtemps, Ellie passera les fêtes en tête à tête avec elle-même, et peut-être une bonne bouteille. Depuis déjà plusieurs semaines, Tarek est reparti au Texas pour régler quelques affaires urgentes. Si les premiers jours sans lui ont semblé être une véritable bénédiction pour la brune, le temps passe et elle se surprend à souffrir de son absence. Malgré toute la rancune qu’elle éprouve à son égard, Elliott doit reconnaître qu’elle se sent en sécurité quand il est dans les parages. Ces derniers temps, d’anciens clients ont profité de le savoir loin pour tenter d’intimider la bookmakeuse, espérant sans doute se venger de quelques escroqueries montées par ses soins. Elle en a encore la lèvre inférieure légèrement amochée d’ailleurs. Ce soir, la belle s’écroule de fatigue devant un bon feu de cheminée, une bière fraîche à la main, un plaid confortable posé sur les genoux. Et elle reste là, à admirer les flammes crépitant dans l’âtre en savourant sa boisson. Bien loin de la soirée qu’elle avait imaginée, elle ferme les yeux un court instant et finit par s’assoupir, soudain rattrapée par la fatigue accumulée de plusieurs jours de travail acharné. C’est le claquement de la porte d’entrée qui la réveille en sursaut. Sur ses gardes car elle n’attend pas la moindre visite, Ellie se redresse brusquement. Avec prudence, elle s’avance vers le hall et attrape au passage un vieux chandelier, arme de fortune pour se défendre au cas où ce serait nécessaire. Sauf que l’intrus en question n’est autre que son colocataire, qui paraît surpris de l’accueil qu’elle lui réserve. « Tarek ? Mais qu’est-c’que tu fais là ?! Tu m’as foutu une trouille bleue ! » qu’elle s’exclame d’un coup, non sans se sentir un peu ridicule avec son chandelier à la main.

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Tarek Younane
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Ven 29 Déc - 23:25

   Tarek & Elliott

   J'embrasserais mon amie, si elle y consentait.

   

   Il regarde sa montre. Après tout, c’est la veille de Noël. Il suppose que c’est normal. Le ranch est désert parce que tout le monde est parti se préparer à réveillonner. Ici, il y a du silence alors qu’en ville il y a encore de l’effervescence. Une agitation qu’il a du mal à comprendre. Est-ce le bon moment pour rentrer ? Demain en plein jour plutôt que ce soir ? Il a passé plusieurs Noël dans cette maison. De bons moments. Elle aussi s’est vidée de ses habitants. Ils ne sont trop souvent que tous les deux. Chien et chat prêts à se bondir sur le poil. Lui et elle. Elle, Ellie. Et lui, l’étranger. Celui qui a volé la place qui lui revenait de droit à elle. Il ne l’a pas volé, on lui a donné. Il se trouve pourtant bien des langues pour insinuer que sa présence n’est pas légitime. Il stationne sa voiture sur le parking de service. D’habitude il y a une bonne douzaine de véhicules en permanence, celles des employés, celles des clients, celles de promeneurs curieux qui veulent regarder les chevaux évoluer. Depuis le siège conducteur, il observe le lieu. Peut-être que la maison sera vide. Il coupe le contact. Quand il sort du véhicule, il prend la direction des écuries, un besoin de vérifier que tout va bien. Elle a des amis, passer la soirée avec eux plutôt qu’ici n’aurait rien d’étonnant. Il aurait pu rester dans le hall de l’aéroport, regarder les voyageurs aller et venir durant toute la nuit, ne pas être seul. Si elle n’est pas là, il sera seul. Alors il viendra passer la nuit en compagnie des chevaux. Ce sera une excellent idée. Il récupère sa valise en repassant par son véhicule. Il marche, tête haute, prêt à affronter une maison vide. Une lumière diffuse traversant péniblement un rideau lui donne le sourire. Peut-être n’est-elle pas si vide que cela. Il s’arrête pour prendre une grande respiration. Il voudrait franchir les derniers mètres en courant. Laisser tomber la valise dans l’entrée. Aller vers elle et lui dire : « Tu m’as manqué. Si tu savais comme tu m’as manqué. Tous ces kilomètres entre le Texas et la Caroline, je les ai maudits à chaque seconde. » Elle répondrait : « Tu es là, je n’espérais plus ». Il lui sourirait : « Rien ne m’aurait empêché d’être là ce soir. » Elle viendrait se blottir contre lui : « Bon retour chez nous ». C’est le soir de Noël, lui aussi a le droit de rêver un instant. Il termine le chemin jusqu’à la porte en marchant lentement pour que l’image d’un bonheur ancien partagé soit vivace le plus longtemps possible. Il entre. Sans y porter attention la porte se ferme bruyamment. La valise reste à côté le temps qu’il enlève son manteau et son écharpe qu’il range au porte-manteau de l’entrée. Il sursaute presque quand la voix féminine l’interpelle. Il fait un pas en arrière quand son regard se pose sur Elliott, chandelier en main, dressé comme une arme pour repousser un intrus. « Oh ! Je ne m’attendais pas à un si bon accueil. J’ai échappé à la chevrotine, j’en suis heureux. Merci. » Il fronce les sourcils. L’employé qui veille sur les allées et venues de la belle en son absence l’avait informé qu’il y avait des problèmes, mais il ne s’attendait pas à voir sa lèvre amochée. « Tu crains une mauvaise visite ? » Sa voix s’est faite plus grave. Le sarcasme a laissé la place à l’inquiétude. Il n'en dit pas plus et se contente d'un signe vers le chandelier.

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Elliott Alvarez
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Mar 2 Jan - 1:17

   Elliott somnole dans le canapé, confortablement enroulée dans le plaid au coin du feu. Un Noël bien triste si l’on considère que la belle a toujours adoré le côté chaleureux et familial de cette fête. C’est en sursaut qu’elle se réveille, alertée par le bruit de la porte d’entrée qui claque. Aussitôt, elle bondit sur ses deux jambes, prête à faire face à l’intrus. D’un pas mesuré, elle s’avance dans le hall munie d’un chandelier comme seule défense contre un agresseur potentiel et découvre Tarek au beau milieu de l’entrée, qui fait un pas en arrière en commentant l’accueil que lui offre sa colocataire après plusieurs semaines d’absence. Il a raison sur un point : si elle avait eu un fusil entre les mains, il y a fort à parier que la situation aurait pris une tournure dramatique en une fraction de seconde. « Tu pourrais ne pas avoir cette chance la prochaine fois si tu me refais un coup pareil ! » Sa voix tremble encore un peu, pas tout à fait remise de la frayeur qui l’a tirée si brusquement du sommeil. Bien sûr qu'elle ne lui ferait jamais le moindre mal, ou en tout cas pas volontairement. Mais Elliott est connue pour son impulsivité et Tarek devrait le savoir : la surprendre comme il l’a fait n’est conseillé à personne. Ce n'est que lorsqu’il l’interroge sur d’éventuelles visites attendues qu’elle réalise combien elle a l’air ridicule à le braquer avec son chandelier. Obligée d’admettre sa posture peu avantageuse, la belle abaisse son bras en esquissant une grimace. Elle repose son arme de fortune sur le guéridon qui trône dans l’entrée de la propriété et tente de justifier son geste comme elle peut. « On n’est jamais trop prudent. » marmonne-t-elle plus pour elle que pour lui finalement. Depuis son départ, cette phrase est devenue une véritable philosophie de vie. Les victimes de ses arnaques ont tous entendu parler du co-propriétaire du ranch, et personne n’ose s’attaquer de front à la belle en le sachant dans les parages. S’il ne soutient pas ses activités illégales, il n’a cependant jamais rechigné à montrer les dents quand elle s’attire des ennuis. Son absence a été l’occasion parfaite pour ceux qui avaient des comptes à régler de rendre visite à la jeune femme, qui a dû affronter les conséquences de ses actes sans personne pour prendre sa défense. Et puisqu’il pose la question, elle s’efforce de lui répondre d’un ton nonchalant, contrastant avec la crainte que ces hommes lui inspirent. « J’sais pas si c’est la période des fêtes ou quoi… Les clients sont un peu à cran ces derniers temps. » Elle ne tient pas à rentrer dans les détails, trop fière pour avouer que sa présence est un soulagement considérable pour elle. Au lieu de s’épancher sur les angoisses qui troublent son insouciance habituelle, Ellie tourne les talons et se dirige dans la pièce à vivre pour aller récupérer sa bière à moitié pleine. « Je m’attendais pas à te voir ce soir. Il s’est passé quelque-chose au ranch ? » qu’elle finit par demander sans rien cacher de son inquiétude. Voilà des années qu’elle n’a pas remis les pieds au ranch que son père a monté en périphérie de Houston. Il ne serait pas surprenant que les choses aient beaucoup changé là-bas, ce pourquoi elle était rassurée de savoir que Tarek y passait quelques temps. Le voir revenir plus tôt a donc de quoi la rendre soucieuse : elle est à mille lieues d’imaginer qu’elle ait pu lui manquer de quelque manière que ce soit.

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Tarek Younane
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Ven 5 Jan - 0:06

    Elliott surenchérit sur l’idée que fusil en main, le coup serait parti. Elle en était à ce point là ! Attendre dans la pénombre sur la défensive, armée. Capable de tirer sur un homme de bonne intention ! Il préfère croire à une mauvaise plaisanterie du même ordre que sa propre phrase. Il lève un sourcil, non, elle en serait bien capable la petite peste, de pointer un canon sur la poitrine de quelqu’un. D’ailleurs, il fera un tour des armes à feu dans la maison, vérifier leur état, dès qu’il aura un moment, sait-on jamais. Des clients à cran, ce serait ça pour la lèvre. A cran et pas n’importe quel client. « Tu as pincé les fesses d’un papa dont la gamine apprend à monter à cheval, juste devant la maman. » Il préfère sourire, il préfère plaisanter puisqu’elle esquive la présence d’un danger. Si elle ne dit rien, ce sera plus difficile, ne sachant sur qui poser son attention. « Donne-moi un nom, j’occuperai madame te laissant les mains libres pour monsieur. » Ce n’est pas le nom d’un simple client qu’il espère entendre sortir de ses lèvres, il doute cependant que sa question obtienne une réponse. D’ailleurs Elliott lui montre bien qu’il use de la salive pour rien. Elle tourne le dos et s’éloigne. Il plonge ses mains dans ses poches et serre les dents. Le jour où elle lui demandera de l’aide n’est pas venu. Il regarde sa valise. Après un soupir, il esquisse un geste pour la prendre, regagner sa chambre, finir la nuit en tête à tête avec lui-même, être rentré pour rien. Pourquoi en fait ? Qu’est-ce qu’il espérait ? Il tourne la tête vers le salon. Elle a récupéré une bouteille de bière entamée. Elle demande une réponse aux propres questions qu’il se pose. Tarek sourit. « Le ranch d’Houston va bien. J’ai réglé plus vite que prévu ce qu’il y avait à faire. Les affaires sont saines et la courbe des bénéfices s’incline vers le haut. Nous avons fait une superbe vente d’un côté et déniché un poulain prometteur de l’autre. » Il avance dans la pièce pour s’approcher d’elle. « La dernière course d’Osman en a fait un étalon très demandé. Tu as vu qu’il a gagné n’est-ce pas ? » Question stupide, ni la propriétaire, ni la bookmakeuse qu’est Elliott n’a pu raté l’événement. « Nous avons parfaitement bien géré son entrainement durant ces dernières semaines. » C’était l’une des raisons majeures de son départ là-bas. Faire de ce cheval un champion pour mieux vendre les saillies.

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Elliott Alvarez
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Ven 5 Jan - 22:23

   La perspective d’une soirée en tête à tête avec Tarek réconforte la bookmakeuse autant qu’elle la met mal à l’aise. Les banalités et la fausse courtoisie, ce n’est pas vraiment leur genre même s’ils ont appris à se supporter au fil des années. Depuis la mort du père Alvarez, ils ont même tout intérêt à mettre de l’eau dans leur vin puisqu’en plus de vivre ensemble, ils doivent gérer la tenue des deux ranchs familiaux. Les désaccords sont donc courants même en ce qui concerne les affaires, et Elliott a une fâcheuse tendance à démarrer au quart de tour. Trop fière aussi, il est inenvisageable pour elle d’admettre qu’elle a besoin d’aide. Heureusement, il la connaît suffisamment bien pour ne pas insister. Au lieu de ça, il tente un trait d’humour graveleux qui la fait grincer des dents. « Très classe. » grogne-t-elle avant de poursuivre d’un ton prétentieux. « J’me débrouille très bien toute seule avec ces messieurs, mais merci de la proposition. » Et accessoirement, l’imaginer avec une des mamans du club la dérange profondément. Comme souvent ces derniers temps, Ellie se cache derrière une agressivité toute particulière à son encontre qui n’existait pas il y a quelques mois encore. Parce qu’elle voit bien qu’il essaie parfois. Une parole, un geste, un sourire. Sauf que ça l’insupporte la belle, elle ne veut pas reconnaître qu’il a ses bons côtés aussi.
Assez inquiète de le voir rentrer plus tôt que prévu, Elliott va récupérer sa bière tout en prenant des nouvelles. Du ranch, bien sûr. Elle a eu sa petite sœur au téléphone à plusieurs reprises, celle-ci n’a pas tari d’éloges concernant Tarek. Même si ça lui coûte de l’admettre, la brune esquisse un sourire approbateur. « Bien, ce sont de bonnes nouvelles. J’ai entendu dire que tu avais été efficace. Et tout le monde était heureux de te revoir. » Tarek poursuit son exposé de la situation à Houston, dans l’ensemble très satisfaisant. Il mentionne d’ailleurs une course qui a eu lieu quelques jours plus tôt, remportée indéniablement grâce aux talents du jeune américain. Elle n’aurait pourtant pas parié sur lui au départ, elle l’a même crié haut et fort. Il vient de réussir à lui prouver le contraire, ce qui est un peu difficile à avaler. « La course était magnifique. Je me suis trompée sur ce cheval. T’as fait du bon boulot. » dit-elle sincèrement en s’appuyant contre le canapé. Loin encore de mériter son respect, elle se doit malgré tout de lui concéder la victoire. Mais puisque tout se passait si bien, pourquoi donc est-il revenu ce soir ? La famille aurait sûrement été ravie de l’accueillir à table comme il y a toujours été convié. « Je pensais que tu passerais les fêtes au Texas. Désolée, j’n’ai rien prévu de très sophistiqué mais j’allais commander une pizza, si ça te tente. » Un repas au calme, sans cris, sans dispute, juste au coin du feu qui danse dans l’âtre de la cheminée. Une trêve, en quelque sorte.  

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Tarek Younane
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Sam 6 Jan - 17:45

    Avoir un compliment de la part d'Elliott sur le travail accompli à Houston décroche un sourire à Tarek. Un sourire vite effacé parce que l'afficher trop joliment et durablement tiendrait de la provocation, de ces défis puérils qu'ils se lançaient. Ils ont fini trop mal. Il reste cependant, sous jacent, son besoin de lui montrer qu'il n'a pas usurpé sa place à la tête du ranch, qu'il est bien là pour tout mettre en œuvre pour le faire fructifier. En aucun cas au détriment des Alvarez. Son but est bien de poursuivre le travail du père de la demoiselle. Alors ce petit sourire il l'accompagne de remerciements sincères et profonds. « Merci. Cela me touche. Surtout venant de toi. » Il la regarde et son coeur se met à battre un peu plus vite, un peu plus fort. Elle en aurait fait autant, elle aurait pu aller là-bas, monter ce cheval et l'emmener à la victoire. Lui, il aurait applaudi. Les choses ne sont pas dans cet ordre depuis trop longtemps. Il voudrait lui dire que le prochain étalon c'est elle qui saurait, qui ferait. Il ravale sa salive. « J'aurais pu passer les fêtes là-bas, en effet. Tout le monde comptait que je le fasse. » Il baisse les yeux, retenant les phrases un instant. « Mais pas tout à fait. Je crois qu'aucun de nous ne souhaite te voir seule pour les fêtes. Tu aurais pu venir à Houston. Je sais, tu vas dire que ta présence était indispensable ici. » Il hausse les épaules. Peut-être, peut-être pas, ce qui est sûr c'est qu'à Houston, elle aurait évité les mauvais coups des mauvais clients. « Pizza, c'est très bien. On allumera le chandelier. » Le fameux chandelier qu'il a failli se prendre sur le crâne.  « Cela donnera un côté plus festif à la soirée. » Il se mord la lèvre inférieur. Un tête à tête, des bougies, pour être festif... c'est plutôt ce qu'on appelle romantique. Il prend une grande respiration et bifurque à 90°. « Ta mère t’envoie le bonjour. Elle trouve que tu te fais trop rare par là-bas. En fait ce n’est pas tout à fait un bonjour, elle m’a dit de t’embrasser pour elle. Je vais m’abstenir d’accéder illico à sa demande au cas où tu serrais encore stressée par ma présence. Je ne voudrais pas que tu fracasses cette bouteille sur mon crâne. Je ne déposerais pas de baiser fraternel sur ta tempe sans ton autorisation. » Virage à 90° ? Les méandres des chemins ! Il a dit fraternel, donc tout va bien. Il a des allures d'enfant sage en attendant la réponse d'Elliott.


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Elliott Alvarez
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Dim 7 Jan - 14:38

   Il n’est pas dans les habitudes d’Elliott de complimenter qui que ce soit. Tarek est sans doute celui qu’elle rechigne le plus à féliciter de son travail, même si elle n’a vraiment rien à lui reprocher à ce niveau-là. Il est toujours prêt à rester tard le soir, quitte à se priver de sommeil pour que tout soit fait en temps et en heure. Et il a ce talent indéniable pour transformer en champions les bêtes les plus récalcitrantes. Alors c’est un peu à contrecœur qu’elle admet sa victoire comme étant la sienne. Il n’a d’ailleurs pas hésité à faire tout ce voyage jusqu’au Texas pour le bien des affaires. La présence d’Ellie a manqué à toute la famille selon lui, ce à quoi la belle répond par un léger grognement. Elle aussi, elle aimerait les revoir. « J’peux pas abandonner le ranch, même quelques jours. Y a beaucoup trop à faire ici. » Depuis que sa mère et sa petite sœur sont rentrées à Houston, elle n’a pas eu le temps de les revoir. Ce qui bien évidemment lui déchire le cœur. « Même si ça me manque un peu. » La famille, c’est sacré à ses yeux. C’est bien pour ça qu’elle se donne autant de mal : faire perdurer l’héritage laissé par son père pour qu’un jour elle puisse le transmettre à son tour à ses enfants. Une valeur partagée par tous les Alvarez, à commencer par sa mère qui a toujours souhaité voir Ellie et Tarek se réconcilier. Elle sait pourtant que l’accident a rendu impossible tout rapprochement entre eux. Même fraternel, même amical, même courtois. C’est trop compliqué. Tarek semble vouloir mettre un terme à cette querelle qui dure depuis trop longtemps mais la jeune femme ne peut pas se résoudre à lâcher les armes. « Elle espère toujours nous voir devenir une famille unie et soudée, ce serait presque touchant si elle était pas à ce point à côté de la plaque. » répond-elle sans réfléchir avant de réaliser combien ses mots peuvent être durs à entendre en relevant les yeux vers lui. Les Alvarez ne l’ont jamais traité différemment sous prétexte qu’il ne porte pas leur nom, pour tout le monde, il fait partie de la famille. Elliott soupire, encore une fois, elle a été trop loin. « Désolée… C’est pas c’que j’voulais dire. » Mais plutôt que de s’attarder sur des excuses qui n’ont plus le moindre sens, elle s’éclipse un moment dans la cuisine et en ressort une bouteille de champagne dans une main, deux coupes dans l’autre qu’elle pose sur la table. C’est certainement un peu trop pour de simples pizzas, mais cette soirée est tout sauf ordinaire. Pour la première fois depuis longtemps, Ellie n’a pas envie de se battre : elle veut célébrer. « J’avais mis une bouteille de champagne au frais, pour que ce soit plus festif justement. » qu’elle explique en la tendant à Tarek pour qu’il fasse sauter le bouchon.

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Tarek Younane
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Jeu 11 Jan - 0:34

    La réponse d’Elliott est cinglante. La trève que sa mère souhaite voir se mettre en place entre les deux jeunes gens, est impossible à ses yeux. Tarek ravale son sourire, ravale ses espoirs. Durant ces semaines à Houston, mille discutions, au point que Madame Alvarez l’avait presque convaincu qu’avec le temps les choses s’arrangeraient entre eux. Il avait émis des réserves. Cela se confirme. Elle est figée sur ce passé pénible, intransigeante, inflexible. — Mais si voyons, c’est exactement ce que tu voulais dire. C’est exactement ce que tu penses. Ce n’est pas la peine de se battre contre cette attitude. Il est condamné. Il est le monstre. Pour l’éternité. Elle s’éloigne. C’est aussi bien. C’est la pire des plus mauvaises idées qu’il a eu, rentrer ce soir pour qu’elle ne soit pas seule, pour qu’elle ait un noël sinon joyeux au moins qu’il ne soit pas sinistre au milieu de la solitude. A l’évidence, elle aurait été meilleur compagne que lui. Elle s’éloigne. Il tourne en rond dans la pièce. Perdu dans sa propre maison. Il finit par se fixer sur le feu de cheminée. Il serre le tisonnier dans sa main et attise quelques braises, il ajoute deux buches. Il regarde les flammes s’élevaient. Au final, il serait peut-être mieux que chacun d’eux vivent de son côté. Deux ranchs, c’était peut-être cela l’idée. Chacun se focalisant sur un seul et l’habitant. Loin de l'autre. Ils ne se verraient plus. Elle n’aurait plus à supporter cet ennemi, il n’aurait plus à supporter sa mauvaise humeur. Il lui avait acheté un cadeau, il est évident qu’il ne le sortira pas de sa valise. Après tout, voilà le meilleur cadeau qu’il peut lui faire, repartir à Houston et ne plus revenir. Ou l’inverse, elle pourrait se refaire une virginité par rapport à ses activités de bookmakeuse. Ça ne durerait probablement pas ! Comment veiller sur elle s’ils sont loin ? Même de près, c'est compliqué trop fière pour demander de l’aide. Elle revient avec une bouteille de champagne. Il s’extirpe de sa réflexion. Un Noël festif en tête à tête avec une bouteille de champagne, pizza en main ? C’était son plan pour cette soirée ? Etrange Noël. Tarek prend la bouteille tendue. Quoi dire, quoi faire entre le froid glacial de tout à l’heure et la chaleur qu’offre le bouchon qui s’échappe du goulot. Il remplit les coupes. Abandonnant la bouteille sur la table, il lui tend une coupe. Il la regarde dans les yeux. — A quoi veux tu trinquer ? Il sait à quoi il voudrait porter un toast, aux victoires de celle qui fut son amie. Fêter toutes ces petites et grandes victoires qu'elle a gagné pour se remettre de son accident, contre son corps abîmé, contre la souffrance. Très souvent il se demande si lui aurait eu ce courage.


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Elliott Alvarez
it's just another day
Jeu 11 Jan - 2:12

   Elliott a tapé pour faire mal. A en juger par la réaction de l’éleveur, elle a bien visé. Mais elle regrette ses paroles aussitôt prononcées, alors elle s’en excuse. A peine, parce qu’elle se doute que c’est inutile. Plutôt que de se battre encore, Ellie soupire en quittant la pièce. Elle en revient avec une bouteille de champagne, que Tarek sert dans leurs deux coupes. Lorsqu’il lui demande ce à quoi elle veut trinquer, elle n’hésite pas. « A nous. » prononce-t-elle distinctement pour ne laisser aucun doute quant à ce qu’il entend. Ça lui coûte de l’admettre mais Tarek et elle sont parvenus ensemble à redresser la barre après la mort de son père. Sans lui, le ranch aurait été vendu aux enchères depuis longtemps. Il se donne un mal fou pour la soutenir et elle le voit bien, même si elle n’en dit jamais rien. C’est sa façon à elle de le remercier, une manière de lui rappeler aussi que malgré ses nombreuses piques et remarques désagréables, elle a réellement besoin de lui. Mais pour qu’il ne se méprenne pas sur la valeur de ses mots, elle reprend la parole au bout de quelques secondes. « Le ranch ne s’est jamais porté aussi bien. Je suppose qu’on forme une bonne équipe. » Elliott précise qu’elle apprécie son comportement professionnel mais se garde bien de donner un avis personnel. Simplement parce qu’elle n’est pas toujours très sûre de ce qu’il lui inspire. Partagée entre la colère et l’envie de tourner la page, la belle ne sait plus sur quel pied danser avec lui. Peut-être parce que c’est plus facile de le haïr après tout. Esquissant un sourire, elle plante son regard dans le sien en faisant tinter sa coupe contre celle de Tarek avant de goûter une gorgée de champagne. Frais, pétillant juste comme il faut, vraiment délicieux. La texane laisse ensuite ses yeux se perdre dans le vide et laisse planer un silence serein, qui a tout à fait sa place dans la solennité de l’instant. Lorsqu’elle le rompt, c’est pour rendre hommage à l’homme à qui elle a essayé de plaire toute sa vie. « Mon père serait fier. » Elle se doute bien que cette confidence va toucher le jeune homme. Lui aussi a travaillé dur pour en arriver là. Et le père Alvarez l’aimait comme l’un des siens, elle est forcée de le reconnaître. C’est pourquoi sa voix est posée et calme, sincère comme elle l’est rarement avec lui.

Pour revenir à des considérations plus terre à terre et détendre l’atmosphère, Elliott propose finalement de commander. Après s’être mise d’accord avec son colocataire, elle décroche le téléphone pour téléphoner à la pizzeria. « Les pizzas vont arriver. » dit-elle en raccrochant. Puis elle va s’installer sur le dossier du canapé pour laisser ses jambes pendre au-dessus du parquet. Prise de remord face à sa propre mesquinerie, elle décide d’offrir une bonne nouvelle à Tarek. De quoi soulager un peu la culpabilité qui le ronge depuis l’accident. C’est un peu son cadeau de Noël, trop fière pour lui acheter quelque-chose de plus conventionnel. « Au fait... J’ai réussi à monter Silver. Depuis quelques semaines, j’remets doucement le pied à l’étrier. » Elle a profité de son absence pour reprendre l’entraînement. Les résultats sont relativement concluants même si la fatigue reste handicapante. Après tous ses efforts, Tarek mérite de le savoir si ça peut aider à apaiser sa conscience.


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Tarek Younane
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Dim 14 Jan - 9:34

    L’invitation à trinquer d’Eilliott est surprenante. “Nous”, à eux deux donc, elle et lui. L’annonce laisse Tarek dans l’immobilité de l’incompréhension. Quelques minutes plutôt, elle affirmait que l’état de guerre persistait et maintenant elle leur rend homage. Il était presque arrivé à la conclusion, qu’il allait repartir sur le champ, sans avoir à défaire et refaire une valise. Là c’est une offre à rester, même si elle n’est pas formulée exactement ainsi. Elle suppose qu’il forme une bonne équipe, il est persuadé qu’ils seraient encore plus efficaces si la bookmakeuse ne jouait pas dangereusement avec des hommes sans scrupules. Si seulement elle pouvait se calmer de se côté-là ! Alors que leur verre viennent à la rencontre l'un de l'autre, il pose son regard sur le visage de son amie. Et ces yeux, ses beaux yeux rivés aux siens le temps de cet échange. Il n’ose pas parler. Il n’ose pas rompre le charme. Qu’il dure. La magie de Noël parait-il. La trêve de Noël semble-t-il et c’est un merveilleux cadeau. Elle va jusqu’à ajouter que Monsieur Alvarez serait fier de lui. Cette fois il ne reste pas silencieux. — De toi aussi. Il serait très fier de sa fille. Au moins pour la partie honnête de ses activités, le reste... pas maintenant. Il sourit. Il a bien fait de rentrer ce soir.


Commander une pizza ce soir, il sourit. — Nous devons être de leur rares clients. Les gens ont tendance à se gaver de bien d’autres choses, cette nuit. Il n’y a que quelques solitaires qui doivent se limiter à une pizza. ... Accompagnée d'une bouteille de champagne et d'un chandelier. Il profite qu’elle soit occupée au téléphone pour garnir de candélabre de bougies. Il attend pour les allumer que leur met succulent arrive sur la table. Elliott installée nonchalamment sur la canapé lui fait une nouvelle révélation qui le remplit de joie. Il sourit aux anges et à la belle. — C’est formidable ! Il fait deux pas vers elle et s’arrête. Non, ne pas la prendre dans ses bras, ne pas la couvrir de baisers pour lui montrer tout le bonheur que cette information lui procure. — Alors le prochain cheval à dresser sera ton oeuvre. Il s'empresse de remplir à nouveau les coupes de champagne et lui ramène la sienne. — Cette fois c’est moi qui propose un toast. Il garde le silence un instant profitant du calme de la maison et de leur relation, si rare durant ces dernières années, alors si doux à savourer. — A toi. A ton courage. A tes victoires.

AVENGEDINCHAINS
   
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